Les Costes Rouges
Les Costes Rouges

photo : Méravilles

Onet-le-Château

Carte situation Onet-le-Château
Carte situation Onet-le-Château

Superficie : 40 km2
Population : 11604 (2013)
Castonétois
Altitude : 524 à 631 m

Onet-le-Château dessine une large bande au nord de Rodez, assurant la transition entre la ville et la zone de causse et du vallon. La commune elle-même réunit au nord des hameaux et des espaces résolument ruraux, et au sud, la zone densément peuplée des Quatre-Saisons.

Château d'Onet-le-Château
Château d'Onet-le-Château © Rodez agglomération

Le village d’Onet était une seigneurie du chapitre de la cathédrale de Rodez, à qui le château servait de résidence d’été et de retrait durant les périodes de troubles.
En pleine reconstruction après la Guerre de Cent ans, Onet attire l’établissement du patriciat ruthénois aux côtés de la noblesse traditionnelle et des institutions religieuses. La qualité du sol, propice aux cultures céréalières et aux pâturages, est un atout majeur. Plus encore, la proximité avec la ville, facilitant la villégiature plus fréquente et un regard attentif sur l’exploitation agricole et ses livraisons de marchandises vers la ville, motive la construction de vastes domaines sur la commune. Elle compte ainsi de nombreux châteaux et demeures anciennes, du Moyen Âge à la période contemporaine (pas moins de 25).

Onet est restée une commune rurale jusque dans les années 1960. L’avènement de l’automobile, les créations d’emplois industriels, les logements neufs et confortables des Quatre-Saisons, les services et commerces ont attiré massivement de nouvelles populations. En moins de 50 ans, la ville est passée de 1200 habitants à plus de 11 000, faisant d’elle la quatrième ville du département en terme de population.

Château d'Onet-le-Château
Château d'Onet-le-Château © Tordjeman, Rodez agglomération

Patrimoine

La commune d’Onet-le-Château est riche de nombreux châteaux, domaines agricoles et demeures construits de la fin du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle. Nous n’en évoquerons ici que quelques-uns, particulièrement représentatifs.

Le château d’Onet est établi en pointe d’éperon du village, développé au nord-ouest (628 m d’altitude).
En 1292, les moines de Bonnecombe échangent leurs possessions à Onet contre des terres du chapitre. Le château et le hameau qui l’entoure demeurent parmi les biens du chapitre jusqu’à la Révolution. Lors de la reconstruction du château au XVIe siècle, les chanoines cherchent « refuge » et ostentation en reprenant les codes des châteaux-forts. Ceint d’un haut mur cantonné de tours, dont une ancienne tour médiévale rectangulaire, le château s’ouvre sur le village par un portail muni d’une herse, véritable référence aux entrées du XIIIe siècle. A l’intérieur, le logis et la chapelle portent davantage les traits des formes de la première Renaissance et témoignent d’une recherche de confort.

Château de Labro
Château de Labro © Tordjeman, Rodez agglomération

Le château de Labro est construit au début du XVIe siècle, mais a été transformé durant l’époque moderne puis agrandi au XIXe siècle. De l’édification du premier château, à l’aube de la Renaissance, par la famille de Creato, reste peut-être un des deux corps de logis d’origine, avec sa haute tour octogonale et sa porte, ornée de tores croisés. Dans la première moitié du XVIIe siècle, le logis est mis au goût du jour dans un style classique par l’ajout au nord de deux échauguettes sur cul-de-lampe, couvertes par des toits en bulbe.

Blason du château de Canac
Blason du château de Canac  © musée Fenaille - collection SLA

Le château de Canac est au milieu du XVIe siècle le domaine de Blaise Sicard, administrateur du comté de Rodez. Comme Planèzes à Luc, il respecte un parti général ancré dans la tradition féodale, avec un plan ramassé inscrit dans le paysage par quatre tourelles d’angles et leurs toits en lanternons mais son répertoire ornemental l’ancre bien dans la Renaissance.

Le château de Vabre a été construit au début du XVIIIe siècle par M. Guirbaldi, ancien receveur des finances. Le vaste logis de plan allongé est cantonné de pavillons d’angle. En 1910, Mme Séguret-Saincric légua la propriété à la ville de Rodez. 

Château de Floyrac
Château de Floyrac © Tordjeman, Rodez agglomération

Dominé par la butte de Montolieu occupée par un château des comtes de Rodez au Moyen Âge, le village de Saint-Mayme, autour de l'église éponyme, a conservé les témoignages du Moyen Âge et de la Renaissance. 
Un prieuré dédié à saint Maximin existe à Saint-Mayme avant 1233, puisqu'il est à cette date rattaché à l'hôpital-du-Pas de Rodez, mais l’église a été largement remaniée dans la seconde moitié du XVe siècle, voire au début siècle suivant, en plusieurs campagnes de travaux. Les remaniements et les restaurations du XIXe siècle témoignent du dynamisme de ce petit village rural.

Aucun élément bâti ne témoigne aujourd’hui dans le hameau de Floyrac de la seigneurie implantée là depuis le XIIIe siècle. L'ancien château, démantelé dès le début du XVIIe siècle, passe aux mains du fermier du lieu, Jean Cassan, vers 1640. C'est certainement dans la foulée que le nouveau propriétaire fait édifier le logis à trois pavillons couverts de toits à l'impérial conservé. Le chantier se poursuit jusqu’au début du XVIIIe siècle et s’achève par l'aménagement, le couvrement et l'ornement des étages dans la seconde moitié du siècle.

Château d'Is
Château d'Is © Rodez agglomération

Le domaine d’Is était une grange de l’abbaye cistercienne de Bonnecombe. La demeure a connu une campagne de travaux à la Renaissance, mais fut surtout très remaniée au XIXe siècle et dotée de vastes dépendances agricoles pour la culture céréalière et le développement de l’élevage. Fait rare, la tour carrée d’un pigeonnier médiéval isolé est conservée dans les dépendances.

Cantaranne est probablement le domaine le plus riche de l’hôpital-du-Pas, auquel il a été donné par l’évêque au XIIIe siècle. Situé à 3 kilomètres au nord-est de Rodez, dans la fertile plaine alluvionnaire de l’Aveyron, il constitue une source de revenus importants pour l’établissement religieux. Dans le bâtiment le plus ancien, une très belle salle de réception du XVIe siècle ornée d’une cheminée de style flamboyant est conservée. La minoterie en activité perpétue la tradition meunière du site.

Eglise de Saint-Martin de Limouze
Eglise de Saint-Martin de Limouze © Soissons, Rodez agglomération

De la commanderie templière de Limouze subsiste sur le lieu-dit une haute tour quadrangulaire médiévale, mais l’ancienne église, dont le vocable était Saint-Affrique, a disparu. L’église de Saint-Martin de Limouze, construite au XVe siècle et agrandie en deux campagnes de travaux au XIXe siècle, était un prieuré de Limouze.

La Vialatelle est représentatif des domaines agricoles progressivement développés autour d’un noyau de la fin du Moyen Âge ou de l’époque moderne et pourvus de vastes dépendances agricoles rationalisées et progressivement standardisées au XIXe siècle. On citera pour exemples : la Praderie, où la tour du logis est pourvue d’une bretèche ou encore la Bertrandie, où le logis de la fin du Moyen Âge est très modeste et où les dépendances viennent progressivement fermer la cour qui le précède. Le motif de la tour y est récurent, d’abord attribut seigneurial puis abritant, dans les logis, les escaliers en vis et pigeonniers, il reste très présent jusqu’au XIXe siècle. La grande ferme de la Panouse, où les dépendances et le logis neuf du XIXe siècle prennent une ampleur considérable, en est également pourvue jusque sur les anciennes porcheries.
D’autres logis de fermes de dimensions importantes semblent entièrement reconstruits à l’époque moderne et offrent des partis plus homogènes comme à La Tricherie, Puech-Maynade ou La Roque.